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Présentation d'Admisource aux RMLL

Aimé Thierry (ce dernier part bientôt aux impôts pour un projet similaire à Admisource) était présent aux Rencontres Mondiales du Logiciel Libre 2007 pour présenter sa plate-forme. Voici un compte rendu basé sur des notes prises à cette occasion. Ces notes donnent un retour d'expérience sur la gestion d'une plate-forme de mutualisation et les difficultés de gestion de ce type de projets entre administrations. Elles reprennent tant les informations exposées par Aimé Thierry que différentes positions exprimées dans la salle, la session s'étant révélée fort interactive.

Par Robert VISEUR.


Admisource est un espace de stockage et de développement pour l'informatique, avec des objectifs de mutualisation, pour réutiliser, pour urbaniser (plus facile d'interconnecter des infrastructures rendues plus homogènes), pour diffuser les compétences et l'innovation, à destination des administrations centrales et territoriales.

A la création d'Admisource, il y avait déjà une forge à l'Adullact. Dès lors, pourquoi ne pas rentrer dans l'Adullact ? Réponse: Admisource voulait avoir des responsabilités dans l'Adullact, mais la loi sur les appels d'offre a empêché cela, sachant que l'Adullact ne voulait pas rentrer dans cette logique-là, qui aurait pu l'assimiler à un prestataire de service. Donc, finalement, support de l'Education National de Nancy-Metz, qui avait déjà une expérience en la matière. La forge a vu le jour début 2005, avec Gforge plutôt que Savannah (choix de l'Education). Quelques gros projets ont rapidement rejoint le projet, dont Acube du MAE (cfr. Lutèce d'Or).

Admisource (pour le code source) est complété par Ateliers (pour des travaux en parallèle, par exemple pour discuter de la mise en oeuvre de solutions) et Synergies (pour mettre en valeur les réalisations des administrations, ainsi que les acteurs qui les ont mises en place, dans une optique de valorisation des agents).

Peu de contraintes pour y rentrer (pour ne pas freiner la mutualisation). Cependant, le projet doit être parrainné par une Administration, même si le développement a été développé par un prestataire mandaté. Il doit en outre être libre et ne pas être déposé sur plusieurs forges, car cela est dommageable pour le projet (pour l'utilisateur: quelle version choisir ?), et bien que l'aspect référencement soit compris. A ce niveau, il y a des référencements croisés (GlobalSearch) entre Admisource et Adullact. Par ailleurs, un projet peut rester privé en phase de démarrage (ex.: 6 mois ou 1 an) mais, à terme, le projet doit devenir public.

Après deux ans, il y a 33 projets ouverts au public (ce qui est bien mais reste modeste comparé à l'Adullact et sachant que l'objectif de départ était de 50 projets en deux ans), 650 utilisateurs inscrits. On note plus de 39000 téléchargements (dont 28000 pour Xemelios; cfr. Lutèce d'Or aussi) et plus de 27420 visites par mois.

Les difficultés sont:
- que mutualiser coûte,
- que réutiliser coûte,
- qu'il est difficile de gérer des besoins élargis (quand on travaille dès le départ à plusieurs ministères),
- que devoir s'engager sur le long terme est une contrainte.

Il y a donc des coûts d'adapation, d'autant qu'il n'y a pas toujours de vaste communauté derrière le projet. Un marché est dès lors parfois nécessaire, faute de compétences techniques internes aux administrations. Il y a un risque de rester sur un prestataire. Cependant, sachant qu'on passe par des marchés publics, il est déjà arrivé que l'on passe vers un autre prestataire que le créateur; l'utilisation de technologies largement supportée favorisant la mise en concurrennce des prestataires.

Il est difficile de prendre en compte des besoins élargis, même en les prenant en compte dès le départ. Par exemple, « Réponse en Ligne » pour la gestion des messages entrants depuis les sites institutionnels n'a pas été un véritable succès. Les besoins des uns et des auters se sont ajoutés, la solution est devenue compliquée, notamment d'un point de vue ergonomique. Aussi, certaines personnes estiment maintenant que cette solution ne simplifie pas assez le travail des agents (remarque d'un informaticien de la Défense : « On ajoute les besoins et on se retrouve avec une usine à gaz », d'où il faudrait un leader pour conduire le projet).

Donc, parfois, il y a une impression qu'il est peut-être plus efficace de faire quelque-chose seul et de l'exporter par la suite, en encourageant les extensions. Il peut aussi y avoir des choix technologiques qui handicapent l'appropriation et la mutualisation (ex.: le choix de Zope est spécifique, en décallage par rapport aux compétences de ce que l'on trouve traditionnellement dans l'administration). La sélection des partenaires est un facteur important pour ne pas avoir l'usine à gaz. Cependant, il ne faut pas négliger les facteurs humains comme les aspects d'ego, qui conduisent à l'apparition de divergences là où il n'y en avait pas.

Notons qu'il y a différents stades de mutualisation: de la mutualisation des bonnes pratiques jusque la réalisation de projets communs (le plus difficile).

Pour « Réponse en Ligne », un développement itératif a été retenu, avec un prototype produit au bout d'un mois sur base d'un cahier des charges spécifiant les fonctionnalités de manière assez large. Donc, certains aspects du périmètre fonctionnel ont pu être revu au cours des itérations ultérieures. Cependant, les différences de besoin ont compliqué la tâche.

L'engagement sur le long terme est handicapé par la faiblesse des ressources internes. L'administration passe souvent par des prestataires, ce qui limite les possibilités de support des utilisateurs tiers qui se manifestent après la fin du projet.

Il faudrait davantage de volonté politique pour inciter les opérationnels à mutualiser, et à réutiliser des composants existants. Admisource cherche cependant à s'insérer dans des initiatives externes, comme IT06, visant à capitaliser les expériences en matière de pratiques de développement. Un guide d'usage des logiciels libres pour les administrations a ainsi été réalisé pour les chefs de projets, basé sur le guide de l'Atica. Les sujets des licences de documents et de la licence Cecill ont ainsi été ajoutés.

La question des droits patrimoniaux doit être réglée dans un avenir proche, de manière à donner aux administrations la garantie de pouvoir mutualiser ultérieurement sous licence libre.

Dans un avenir proche aussi, un support direct (accompagnement, n'incluant pas la correction d'anomalies de programmation) à 10 ou 20 projets va être assuré dans le cadre d'Admisource, avec en plus la publication d'un guide de mutualisation. Un bilan sur la mutualisation sera proposé à terme, de manière à avoir des retour sur l'intérêt concret à mutualiser.

Il y a des disparités entre ministères à la fois au niveau des technologies et des compétences. Donc, il faut idéalement une réflexion sur les outils, les méthodes, les langages,... IT06 devrait permettre de faire remonter des expériences en la matière.

Quelques succès d'Admisource: Xemelios (28.722 téléchargements), GeoSource (3.540 téléchargements), Paie (Helios) (1.539 téléchargements), Acube (1.395 téléchargements), EDI2MIF (1.036 téléchargements), Atelier de développement (1.000 téléchargements), QuiFaitQuoi (850 téléchargements), MiliMail (523 téléchargements).

Xemelios est un des premiers projets hébergés par Admisource. Les collectivités à qui s'adresse ce projet sont nombreuses, ce qui explique aussi le succès. Le projet est actif, avec des remontées de bugs, etc.

EDI2MIF est un projet de conversion de données géographique (1000 lignes de code, en Perl). C'est un très petit projet, répondant à un besoin concret, développé par une personne. Donc, pas vraiment de préférence pour des projets portés par le management de l'administration ou porté par des développeurs. A noter que le projet ne plait pas à tous les éditeurs propriétaires (marché du SIG)... Plus globalement, ce problème de concurrence (?) avec les éditeurs propriétaires apparaît comme un frein aux développements libres dans les administrations (« il ne faut pas aller trop loin » est une position fréquemment exprimée).

Milimail va être intégré dans Thunderbird, dans le but de rajouter certains aspects de sécurité. Réalisé par la DGA (l'Otan est aussi impliqué), il devrait bientôt « monter » sur Admisource. Il y a un prestataire, mais aussi une communauté. La création de la communauté est assurée actuellement par quelques bonnes volontés au sein de l'administration, mais il n'y a pas encore de démarche codifiée.

Vous pouvez donner votre avis sur cet article dans le fil de discussion dédié aux RMLL 2007.

Posté le 16 juillet 2007.


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SOMMAIRE

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Présentation de Lutèce aux RMLL

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